Dimey père et fille
Depuis longtemps, Dominique chante les textes de son père. Elle a enregistré un très beau disque, intitulé "Dimey chante Dimey" , dans lequel elle reprend quelques-unes de ses plus belles chansons dont une superbe version de Syracuse et « Chanson pour Bernard », chanson qu’elle a écrite pour lui.
Dominique a écrit un spectacle consacré à son père. Elle y racontait un peu leur histoire singulière, la rencontre entre une jeune femme de 20 ans et son père. Hommage au poète, chant d'une fille à un père qu'elle n'aura connu que très peu d'années.
Ce spectacle était interprété par Bernard Fresson qui incarnait avec une très grande vérité, le personnage de Bernard Dimey. Le décès de l'acteur quelques mois après la création a interrompu la carrière de ce récital si bouleversant.

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Dimey chante Dimey






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Portrait de Bernard Dimey
Poète avant toute chose, Bernard Dimey est resté longtemps moins connu que toutes les chansons qui ont fait le succès de leurs nombreux interprètes comme Charles Aznavour, Henri Salvador, Zizi Jeanmaire etc. Il est notamment l'auteur de la célèbre chanson Syracuse, créée par Henri Salvador. Personnage truculent, musicien du langage, il a pendant des années, depuis le quartier de Montmartre promené son regard inspiré sur le monde et sur la vie.

Aujourd'hui, il est lu et chanté par beaucoup d’artistes et de Fans passionnés en France, mais aussi au-delà de nos frontières. Bernard Dimey est célébré dans de nombreux festivals, dont celui de Nogent, sa ville natale, qui tous les ans, débute le 10 mai.
Les poésies de Bernard Dimey sont apprises dans les écoles, il est écouté et parfois chanté par des groupes de jeunes artistes venus du Hip Hop.

Sa fille Dominique n'a pas vécu avec lui. Elle n’a rencontré son père qu’à l'âge de 20 ans en venant vivre à Paris dans des circonstances dignes d’un Roman.
En retrouvant sa fille, Bernard Dimey est fou de bonheur et pendant des semaines, il l'a emmené partout pour la présenter à ses amis.

Leur histoire est très singulière. Petit à petit, la fille a découvert son père.
Aujourd’hui, certaines blessures sont cicatrisées et elle mesure combien dans les mots et la musique, dans la poésie et le goût profond de la vérité et de la liberté, ses liens avec ce père hors du commun sont grands.
Depuis plusieurs années, Dominique est présidente d’honneur du Festival Bernard Dimey et s'emploie à partager son héritage et à faire connaître l'œuvre de ce papa poète pas suffisamment connue.



Biographie de Bernard Dimey

Bernard Dimey est né le 16 juillet 1931 à Nogent, un petit village dans l'est de la France. Sa mère était coiffeuse à domicile, son père ouvrier ciselier.
Il est né écrivain. Une revue de Haute-Marne publie ses premiers poèmes, il a alors quinze ans. Quelques années plus tard, deux petits recueils de poèmes de Bernard paraîtront aux éditions Seghers.
Il passe ses années de jeune homme à Troyes où il s'adonne à l'écriture, au journalisme et à la peinture sous le pseudonyme de Zelter. Après avoir enseigné quelques jours dans un collège, il déserte l'Éducation Nationale dans le brouhaha de la récré.
Il apprend à boire dans une caserne, pour noyer son chagrin, C'est en pleine guerre d'Algérie et beaucoup de ses copains y ont laissé leur peau.

En 1958, Dimey, la fleur aux lèvres, a jeté sa défroque de troufion car le chien de Léo Ferré déteste les militaires.
Tout juste arrivé à Montmartre, il s'installe en pacha dans son nouveau fief. À vingt-cinq ans, il devient l’un des rois du village parmi les artistes de l'époque qui ont, eux aussi élu domicile à la taverne d'Attilio, sur la place du Tertre.

Mouloudji, Aznavour, Patachou, Jean-Claude Pascal, Francis Lai entre autres deviennent ses amis et ses interprètes. La joyeuse bande se disperse. Dimey se marie avec Lili Landry en 1961, Henri Salvador chante la chanson qu'ils ont faite ensemble : « Syracuse ».

Dimey écrit les poèmes du Testament, poèmes en prose, le prophète n'a que trente ans. D'autres genres l'attirent : comédie musicale, scénarios de films, pièces de théâtre. « Bruno Coquatrix » le pousse sur la scène de l'Olympia où il emporte le public, simplement en disant des poèmes.

La vague du yéyé évince les chansons à texte. Le fisc, que Bernard a toujours beaucoup négligé, lui vide les poches et son compte en banque. Les huissiers font des courants d'air dans sa maison, sa femme le quitte.
Il se fait de nouveaux amis sur la péniche de l'Armée du Salut, parmi les clochards. Sa rencontre, avec Yvette Cathiard , une artiste peintre, lui redonne goût à la vie et à l’écriture. Les soirées se passent aux cabarets, trois par soir, où Bernard Dimey s'ouvre et se donne, le cœur éclaté sous les projos de ces petites scènes. Michel Célie passe par là. En 1966, avec son frère Pierre, il crêt la maison de disques Déesse. Sept Albums seront produits où Bernard dit ses textes. Quinze ans d'amitié, de repas pantagruéliques, de jouissance du verbe et des voyages en Égypte, au Québec...
Dominique, sa fille, arrive dans sa vie, elle a vingt ans… C’est pour lui un magnifique cadeau qu’il n’attendait pas.
Il obtient le prix Charles Cros avec « Ivrogne et pourquoi pas », qu'il clame comme une profession de foi. Le cinéma lui fait de l'œil, il tourne un peu, impressionne la pellicule. Il produit une série d'émissions de télé et multiplie les galas. On le sait, les poètes ne meurent jamais. Alors on peut imaginer que lorsque âgé de 50 ans, il est parti le 1er juillet 1981, c’était pour un rendez-vous avec ses amis Michel Simon et Édith Piaf, qui l’attendaient sur leur nuage céleste.


L’association Bernard Dimey


En mai 2000, année des 70 ans du poète, Philippe Savouret, directeur de la bibliothèque de Nogent et Annie ROQUIS MILLET, alors responsable de la bibliothèque - relais de Biesles (52340) rencontrent Dominique Dimey pour évoquer avec elle, l’idée d’un festival qui ferait connaître l’œuvre de son père Bernard.

Enthousiaste Dominique entreprend des démarches, fait de nombreux déplacements, pour convaincre notamment Yvette Cathiard, compagne de Bernard, Michel Celie (Paroles de Dimey), Michou, Gilles Vigneault, Francis Lai, Jean-Louis Foulquier… puis bien d’autres admirateur de Bernard Dimey comme Sébastien, Ferrat...

L’idée fait son chemin et devient un vrai projet que rejoignent de nombreuses personnes de la région : Daniel Manchin, fervent défenseur de l’auteur, Michel Thomassin, alors président du Lions Club Chaumont Donjon et M. Brocard, maire de Nogent et Conseiller Général. Une association est créée en juillet 2000 . Elle a pour but d’oeuvrer pour diffuser et faire connaître l’œuvre de ce poète dont Brassens a dit : « Il a du génie ». Des partenaires publics et privés s’associent au projet et contribuent à la création du premier festival en mai 2001. Il aura lieu désormais tous ans et commence chaque année le 10 Mai.

Association Bernard Dimey BP 37 52800 NOGENT Tél. : 03 25 31 63 89 (Philippe Savouret) ou 03 25 31 92 89 (Annie Roquis-Millet)



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Bibliothèque municipale Bernard Dimey


15, rue Maréchal De Lattre de Tassigny
52800 NOGENT
Tél. 03 25 31 63 89

Créée dans la ville natale de l'auteur, cette bibliothèque est dédiée à sa vie, son œuvre. Une mine de renseignements pour tous ceux qui veulent mieux connaître le poéte.


Extrait de la bibliographie de Bernard Dimey
Le marchand de soupe
Le Pythagore Éditions
Le milieu de la nuit
Editeur : Christian Pirot
Je ne dirai pas tout
Editeur : Christian Pirot
Kermesses d'antan
Editeur : Christian Pirot
Le milieu de la nuit
Editeur : Christian Pirot
Sable et cendre
Editeur : Christian Pirot
Aussi français que vous…

Œuvres sur Bernard Dimey
Dimey, la blessure de l'ogre
de Yvette Cathiard
Editeur : Christian Pirot





 

 

 

 



Le Festival Bernard Dimey à Nogent





Témoignages

Bernard Dimey vu par Jean-Louis Foulquier


Bernard Dimey est un cactus du pavé de la butte. Ancré là et increvable. Lorsque nous passons la rue des Abbesses, il me dit : « On va à Paris ». Il m'apprend les dangers de la ville et s'emploie à me faire renifler la vie et les secrets de ce quartier. Les choses importantes se passent au village et nulle part ailleurs. Lorsque je rencontre Bernard Dimey, je ne sais pas encore qui il est. Pourtant, il a déjà écrit « Mon truc en plumes » pour Zizi Jeanmaire, « Mémère » pour Michel Simon et « Syracuse » pour Henri Salvador. Ses Poèmes voyous ont déjà biberonné toute une génération avide de sensations suburbaines. Il dit ses textes au « Gavroche », ou au « Tire-Bouchon » et se suffit largement d'une notoriété de cabaret.

Dimey est le pacha du village Montmartre et règne en maître sur le sommet de cette pièce montre gorgée de traditions. Il aime les rituels. Chaque samedi après-midi, il m'attend sur le coup de quatorze heures. Je suis planté devant un petit bouquiniste, le regard rivé sur sa fenêtre. J'attends son signal pour monter. Il ouvre la fenêtre et gueule sans apparaître : "Foulquier t'as du Bordeaux ?'' Sans attendre, je m'engouffre dans son allée, sors ma bouteille de Bordeaux et me présente à lui, la gueule enfarinée ! Comme un gamin visitant le Père Noël, on s'assoit face à face.
Je l'écoute parler, bougonner et tourner les pages de son encyclopédie de la vie. Je le regarde avec un tel bonheur qu'il se sent aimé pour la première fois. Je deviens son fils adoptif, sa mascotte montmartroise. Soudain je n'ai plus honte de mon inculture qui devient une chance. Cette soif d'apprendre et de comprendre bouleverse nos rapports. Désormais, je ne peux respirer sans l'ombre de Dimey. C'est un abri, un havre de paix régénérant, un professeur imprévisible. Mon guide, premier de cordée. Ma conscience.

Jean-Louis FOULQUIER
Extrait de "AU LARGE DE LA NUIT"
Denoël, 1990, pp 59-60.

 





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